(9-11 mars 2018)

J’ai fait un tour de 3 jours/2 nuits pour aller découvrir 2 volcans à l’est de Java : le Mont Bromo et le Kawah Ijen.

Après une journée de transport et une courte nuit, nous sommes partis en jeep à 4 heures du matin pour aller voir le levé du soleil sur le mont Bromo. Dans le noir, on pouvait voir les phares de toutes les jeeps allant au même endroit. La plupart des touristes s’arrêtaient au premier point de vue mais nous avons continué et marché presque 5 kilomètres dans le noir pour arriver à un autre point de vue moins peuplé. Le levé du soleil était vraiment magnifique, une couleur bleue, rose, pourpre, orange… au milieu des nuages et des volcans : splendide !
Une fois le soleil levé, toutes les jeeps s’arrêtent au milieu d’une plaine désertique. Maintenant, il faut marcher jusqu’au volcan dans des sentiers poussiéreux, glissant et remplis de cavaliers proposant de faire la montée à dos d’un cheval. Autant j’adore les chevaux, je n’ai pas envie de leur faire subir cela, les chevaux ici ressemblent à des poneys ! Et puis, c’est plus gratifiant de le faire à pied 😉 Mon ami Armin a fait la descente à cheval car il n’était jamais monté sur un cheval. Et arrivé sur la plaine, je n’ai pas pu m’empêcher de faire un petit galop 😀
Après une petite montée et l’ascension de 253 marches, nous voici au sommet du volcan ! Et encore plus que je ne l’imaginais, c’est super impressionnant ! Voir et entendre un volcan actif à quelques mètres de soi… ça n’a pas de prix, ni de mots !
Après ce beau moment autour du volcan à prendre pas mal de photos et à regarder la fumée, nous sommes repartis et avons passé la journée en bus pour arriver à notre deuxième logement. Nous avons d’abord apprécié un petit jacuzzi naturel avant d’aller dormir à 19h pour se lever à 00h45 ! Aujourd’hui, départ à 1h00 du matin direction le Kawah Ijen qui culmine à 2 148 m d’altitude.

Nous avons commencé l’ascension du Kawah Ijen à 2h du matin par une « petite » randonnée de 1h30 munis de nos lampes frontales. Tout le trajet, des braves locaux nous proposaient leur service de transport en charrette. Même s’ils étaient contents d’avoir des clients, j’avais mal au cœur de voir qu’ils devaient être 3 pour pousser/tirer les gens avec des cordes sur leurs épaules qui les brulaient.

Arrivés à un certain point, notre guide nous donne les masques à gaz. On les enfile et on continue à monter. Ça diminue avant d’arriver au sommet. Une fois arrivés là, on redescend déjà le volcan par des petits chemins de cailloux, pierres pour descendre vers cratère. On voit toutes les lampes torches allumées, il y a vraiment beaucoup de gens qui descendent. On croise certains mineurs qui remontent avec de gros paniers remplis de blocs de souffre qu’ils portent sur leurs épaules. Plus on descend et plus l’oxygène est mauvais à respirer, on sent l’odeur du souffre. On arrive dans le fond et on voit les mineurs aller vraiment tout près pour récolter le souffre. On reste à peine 15 minutes le temps d’observer les flammes bleues produites par le cratère, de prendre quelques photos mais voir les mineurs travailler dans de telles conditions me fend le cœur.
On fait demi-tour et on commence à remonter le volcan vers le sommet quand le soleil se lève. On fait quelques stops sur le chemin pour admirer le magnifique lac bleu turquoise autour du cratère. C’est le lac le plus acide au monde, il fait 200 mètres de profondeur et contient 36 000 mètres cube de chlore, fluore et surtout d’acide sulfurique. C’est une mine de souffre à ciel ouvert !

Sous l’effet de sa propre chaleur, le volcan fait suinter en ses flancs le souffre venu du lac à l’état gazeux qui se refroidit à la fraicheur de l’air, le souffre passe alors à l’état liquide rouge oranger et puis cristallise un beau jaune canari. Des pépites de souffre pure. C’est ceux-là qu’il faut piocher et arracher au continu au cratère avant qu’il ne s’étrangle de sa propre base et que le souffre ne s’enflamme et la mine avec.
Pour accélérer la cristallisation des vapeurs de souffre, les mineurs postent et entretiennent des canalisations de fonte au plus près des bouches vomissantes du cratère. La saignée est d’un meilleur rendement mais sous le pied des piqueurs, la terre fleurte sous les 400°.

Les mineurs font des quinzaines. Ils travaillent 15 jours par mois en alternance avec 15 jours de repos. Ils campent sans eau ni toilettes pendant tout ce temps. Ils sont payés 4 à 5 fois le prix d’un ouvrier agricole, ce qui ne fait que 4€ par jour en moyenne. Ils ne font ça que pour leur famille car « ils ont plus peur d’avoir faim que d’être malade » !

Il y a une centaine d’hommes par jour qui font en moyenne deux passages de 80 kilos. Cela fait plus de 15 tonnes de matières premières quotidiennes : La bonne affaire pour un chinois-philippin qui tient la concession !

Tout çela, c’est du souffre pour les engrais, les pesticides et la chimie local… !!!

Malgré que tout cela est vraiment bien triste pour ces pauvres hommes qui essaient de gagner quelques dollars dans des conditions plus qu’horribles, la vue au dessus de ce volcan était magnifique. Une des plus belles choses que j’ai vues d’aussi loin…

Je n’avais pas envie de redescendre tellement c’était beau !


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